Ski Français
Numéro 366 - été 2003

Fédé, ce qu’il faudrait changer…

“Face à l’adversité, il faut se serrer les coudes”, voilà ce que dirait un entraîneur. Face aux problèmes, il faut parfois savoir ouvrir les yeux et arrêter de jouer à l’autruche. Le système fédéral, souvent décrié dans l’ombre, mérite - à ce stade où il avance à coups de sparadraps - que nous ouvrions nos colonnes à la libre expression des gens qui en font partie. Avec une seule question : “Que faudrait-il changer à la fédé, à votre avis ?”. L’idée ? Lever le tabou qui veut que l’on taise les soucis qui touchent “la fédé” - et que plus personne aujourd’hui ne peut nier. Finances, relève, stabilité, politique sportive, l’état d’urgence est déclaré. Telle une cellule de crise, ces quelques pages ont pour fonction d’initier le débat, de poser - humblement et sans juger - quelques jalons qui lancent des pistes réflexions, sur ce qu’il faut absolument conserver, et sur ce qu’il faudrait changer. Parce qu’au nom du sport, il s’agit de réagir. Maintenant.

Pierra Menta, à corps et à cœurs

Gagnant du concours Ski Français du numéro de février, un duo mauriennais portera les couleurs du magazine dans une grande aventure humaine et sportive, celle de la Pierra Menta. Tout au long de cette prestigieuse course de ski-alpinisme, Laurent et Jean-François seront nos héros. Récit de quatre jours d’émotions fortes et de passion montagnarde.

Laurent Blanc, 56 ans et doyen de la course, travaille chez Dynastar en tant que chef d’atelier. Originaire de Bonneval sur Arc en Maurienne, il vit à Sallanches. Jean-François Palmier, habitant de Val Cenis et technicien de mairie, préside le CAF de Haute Maurienne. Durant quatre jours effrénés, nous les suivrons dans leur parcours initiatique, sur le chemin des sommets, sur le sentier escarpé, long et périlleux, mais somptueux de la mythique belle des Alpes. Ils affronteront les quatre itinéraires éprouvants élaborés par les organisateurs avec un seul espoir en tête : accomplir un exploit, celui de franchir la ligne d’arrivée de la dernière étape.

Mondiaux 2003
La course vers la consécration

Beaucoup souhaiteraient les oublier, ces Championnats du monde de St Moritz. Pas de Marseillaise retentissante et émouvante pour flatter la fierté des coqs, et surtout, pas de breloques, ultimes consécrations, à brandir et exposer aux caméras du monde entier. Maudits, ces mondiaux sans métaux, pour les Bleus. Et pourtant il y eut du spectacle dans ces épreuves où les acteurs, favoris ou outsiders, ont superbement tenu leur rôle. On y a vu du beau ski, que tout amateur ne peut qu’apprécier… si toutefois l’or ne l’aveugle pas.

Nouveautés 2003-2004
Vivement l’hiver prochain !

Répondre aux attentes des consommateurs, telle est la vocation du marketing, mot d’Amérique et maux du monde, contesté parce qu’il n’hésite pas à aller plus loin dans sa mission : les besoins, il les crée. Cependant, ces pseudo besoins, associés aux nouvelles technologies, peuvent vous apporter beaucoup. Vous pourriez par exemple encore utiliser des skis en bois, si le grand méchant marketing n’avait pas crée en vous une irrascible envie des derniers paraboliques en carbone...Voyez, on ne peut pas lui en vouloir. Les marques de ski l’ont bien compris et elles vous étudient, vous segmentent, dissèquent vos habitudes, influencent vos attitudes, ébranlent vos certitudes et vous contraignent à acheter des produits... qui vous correspondent parfaitement. Jetez donc un coup d’oeil sur les nouveautés de 2004, chaque détail a été pensé et repensé pour que vous puissiez skier avec le plus grand plaisir. Un seul hic...il va falloir attendre l’hiver prochain !

Sécurité
La montagne au printemps

Au printemps, tout le monde joue les prolongations. Que vous soyez skieur hors-piste ou de randonnée, snowboarder ou amateur de raquettes, attention à vous car la montagne reste la montagne, même au printemps, avec ses dangers, spécifiques à la saison.

Edito

Il y a deux ans très exactement, je revenais des Championnats de France avec un édito sur la compétition et, plus précisément, sur les vicissitudes de la fédération française de ski. Le titre de ce feuillet ? “FFS… place au sport !”. L’histoire se répétant, je suis au regret de vous dire qu’une fois encore, mon passage aux France m’inspire peu de choses hormis ce titre laconique. En dépit d’une organisation tip-top, à mettre sur le compte du club des Ménuires, hôte parfait comme toujours, l’ambiance de ces championnats nationaux a été unanimement jugée “tristoune”. Pourquoi si peu d’étincelles ? Puet-être parce que la fédération fait face à une période critique. Les questions des journalistes de France 3 et Radio Bleue aux athlètes reflétaient bien ce que tout le monde aimerait savoir : “De quel bois est fait l’avenir de la FFS ?”
Parce que nous avons tous un peu la sensation que la fédération se trouve à un tournant de son histoire, nous avons souhaité tendre le micro à tous ces gens qui font la fédé, de la base au sommet, des clubs jusqu’à la présidence, en passant par des coureurs de FIS citadines ou des membres de l’équipe de France. La question était la suivante : “Que pensez-vous qu’il faille changer à la fédé ?”. Les réponses, variées, prouvent qu’il y a du boulot. Mais on peut considérer le bilan comme positif. Enfin, les gens osent parler des problèmes, et il sera donc plus facile de leur faire face, sans se la voiler (la face).
Pour beaucoup, le nouveau président, Marcel Calvat, incarne l’espoir d’une renaissance fédérale, sur des bases plus saines. La plupart des témoins de notre dossier “osent encore croire” à la fédération et “ne sont pas encore tout à fait découragés”. Il est donc encore temps de redresser la barre, d’agir, pour permettre un retour au sport le plus rapide possible.
Certains esprits chagrins - il y en a toujours et partout - rétorqueront que tout cela n’est que chimères et illusions. Possible… mais que serait la vie sans utopies ?A l’heure où nous finissons de maquetter ce numéro, les biathlètes performent au fin fond de la Sibérie. Sandrine Bailly est championne du monde de poursuite et médaillée de bronze en mass-start, Monsieur Rapahël Poirée est médaillé de bronze de la mass-start et Sylvie Becaert, championne du monde de sprint. Croyez-vous qu’ils ne soient pas bourrés de rêves, ces gens-là ? Croyez-vous qu’ils lâchent prise à la première difficulté dressée devant eux ? “Pour réussir, il faut y croire”, c’est ce que nous disent la plupart des champions lorsque nous les interviewons…

Myriam Cornu

Ski Français n°366 est en vente en kiosque du 15/04/03 au 17/06/03 à 5 Euros.
Au delà, il peut-être commandé au service abonnement .

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