Ski Français
Numéro 362 - octobre 2002


David Allemoz par Séb Léon à La Plagne

Carole Montillet, championne olympique
“Dans la vie, il faut faire ce que l’on veut vraiment” 

Sur les skis, Carole, c’est “Vite, vite, vite !”. Dans la vie, ce serait plutôt “Cool, cool, cool…”. Quoi que. Rencontre avec une gentille fille toute simple, au caractère trempé, à la volonté d’acier et déterminée à réussir. Longtemps.

Des Pyrénées au bout du monde de…
Pierre Canivenq

Bienvenue chez moi ! C’est ce que clame Pierre Canivenq à travers ses clichés toujours superbes, toujours attirants. Que ce soient ses chères Pyrénées ou le lointain Kamtchatka, le photographe sait capter l’émotion des paysages, la beauté des visages. Citoyen du monde, Canivenq vous offre les plus belles images de chez lui.

La Grave
Au pays de la reine Meije
Avec pour guide locale : Mariette Bertrand.

Déf. La Grave, Oisans, France. Paradis mythique pour amateurs de poudreuse. Territoire resté quasi intact, nature sauvage offrant des hors-pistes grandioses. À découvrir impérativement et sans tarder.

Tests
Nos essais impitoyables

Des testeurs testés (ça ne rigole pas chez Ski Français !), des skis passés à la moulinette, des comparatifs réalisés sans concession, une année entière de repérage, des heures de travail acharné sur le glacier des 2 Alpes, les tests Ski Français, c’est tout ça et beaucoup plus encore ! Voici, en toute transparence et en résumé, le fonctionnement de nos essais matériel.

Le déroulement des tests…

Cinq familles de ski sont évaluées au cours de la semaine aux 2 Alpes, environ, une famille par jour. Chaque catégorie de skis est testée sur le même type de neige, le même jour par l'ensemble des testeurs.
La veille des essais, un briefing définit la façon d'évoluer avec les skis : type de terrain, vitesse d'évolution…
Les testeurs ne communiquent pas entre eux, après avoir essayé une paire, ils remplissent une fiche résumant les critères d'appréciation. Bien entendu, les fiches différent d’une famille à l’autre. La catégorie freeride laisse par exemple une plus large place à “la capacité à rester en surface”, à “la stabilité en toutes neiges” alors que pour les skis de géant on se focalise plutôt sur la qualité des appuis coupés et la relance… Au moment du dépouillement des centaines de fiches, les notes les plus hautes et les plus basses sont supprimées afin d'obtenir une moyenne significative.
En plus des fiches d’appréciation, les testeurs émettent un commentaire oral sur le ski après leur descente. Ce commentaire entre également en ligne de compte dans l’élaboration du bilan global du modèle. En cas d'hésitation sur un verdict, le ski est retesté dans la foulée.

Les marques fournissent des skis non préparés et strictement de série, tels que l'on peut les trouver en magasin. Les représentants des marques sont invités à assister au déroulement des essais mais ne sont pas habilités à intervenir auprès des testeurs, ils sont là en simples spectateurs, pour observer le déroulement des opérations et leur sérieux. Un technicien du CNPC de Grenoble veille au bon déroulement technique de la journée en réglant les fixations et en centrant les chaussures.

Pourquoi cinq familles testées ?
La méthodologie des tests Ski Français met l'accent sur la précision et la justesse des jugements car le lecteur et les marques sont en droit d'attendre une information rigoureuse sur des produits qui valent tout de même leur pesant d'euros. Le choix a été fait de tester à 100 % les skis, de travailler dans les meilleures conditions possibles afin de réduire à la portion congrue le risque d'erreur. Car tester des skis est un exercice complexe… et parfois périlleux tant les conditions de neige, les gabarits des testeurs, les critères d'évaluation, le traitement de l'information reccueillie sont importants.

Pour tout comprendre
Comment lire les fiches ?

Grande nouveauté cette année, les remises de palmes. Pour vous faciliter la lecture, le jury Ski Français (composé de membres de la rédaction) a décerné des prix aux skis les plus réussis. Les modèles particulièrement recommandés par nos journalistes sont estampillés “Sélection SF”, le ski ayant le plus retenu notre attention obtenant lui la mention “Ski d’or”.

Attention toutefois, ce sont des jugements effectués sans tenir compte des “cibles” exactes des modèles. Un ski peut vous convenir mieux qu’un autre, même s’il n’a pas obtenu six étoiles ou une palme. Vous n’avez pas tous les mêmes attentes en matière de matériel, pas tous le même niveau sur la neige, pas tous le même budget. Plus que le nombre d’étoiles, ce que vous devez absolument regarder, c’est le cadre “Pour qui ?”. Cette mini-rubrique indique quel type de skieur ce modèle saura particulièrement combler.

Pour élire les meilleurs modèles et remettre ces mentions spéciales, le jury Ski Français n’a absolument pas tenu compte des sérigraphies, de l’esthétisme, des décos. Les sélections ont privilégié les sensations générales sur le ski, les commentaires des testeurs, l’adéquation avec le programme, l’usage par tous publics, le nombre d’étoiles. Sont venus ensuite les critères techniques, la “personnalité” du ski (les modèles un peu “fades” n’ont pas eu nos suffrages) et son prix (pour départager des produits de niveau équivalent).
Lorsqu’un ski le méritait vraiment, nous lui avons octroyé le prix “Valeur sûre”, signifiant que c’est une référence pour tous les types de skieurs, peu importent leur niveau technique, leur gabarit, leur type de pratique. De la même façon, certains modèles méritaient qu’on souligne leur rapport qualité/prix, particulièrement remarquable. Leur fiche s’assortit donc de la pastille “Euros”.


Euros

Valeur sûre

Sélection SF

Les fiches possèdent plusieurs portes d'entrée permettant d'accéder rapidement à l'information recherchée. La partie la plus importante est constituée bien entendu du résumé des commentaires des testeurs. Elle est complétée par les points positifs et négatifs des produits ainsi que trois commentaires “à chaud” et le postionnement du produit selon l'équipe Ski Français. La fiche technique proprement dite concerne les caractéristiques annoncées par le fabricant, le prix en particulier peut varier selon les périodes et les lieux d'achat.
Les notes sont l'expression des moyennes de certains critères d'évaluation, les fiches des testeurs étant beaucoup plus complexes, il n'est pas possible de publier tous les critères d'analyse. L'une des conséquences est que la cote Ski Français n'est pas forcément le reflet de ces notes. D'autre part, cette cote met en avant l'adéquation du ski avec le programme demandé. Ainsi, un ski peut recueillir d'excellentes notes en tenue de courbe, en déclenchement de virage, en maniabilité mais il ne sera pas forcément un bon ski de freeride car pénalisé par des lignes de cotes trop étriquées. Il n'en reste pas moins un bon ski mais pas dans le programme donné, d'où une cote dévaluée par rapport à l'excellence des notes.

* Skis de poudreuse polyvalents
Freeride ou piste, des paires bonnes à tout faire

Un ski à tout faire ? Pour faire quoi au juste ? Tailler des courbes sur piste, appuyer une petite godille sur neige dure mais aussi aller dans la profonde, taquiner les petits couloirs… Un ski freeride polyvalent doit réagir à tout, tout le temps. À la fois large pour le hors-piste, vif et maniable pour la piste… ce type de ski représente un véritable casse-tête pour les metteurs au point. En travaillant le flex des skis, les lignes de cotes, en mélangeant harmonieusement le tout, les fabricants proposent des modèles dits “freeride polyvalents”. À l'issue des essais, on se rend compte que le pourcentage annoncé pour cerner cette famille de skis, c'est à dire 50 % piste / 50 % hors-piste, varie selon les marques et les modèles. Tel ski sera plus à l'aise sur neige damée alors que tel autre préfèrera nettement le ski sauvage. Quoi qu'il en soit, les tailles des skis flirtent plus ou moins avec les 180 centimètres pour des modèles qui se skiaient il y a encore deux ans en 190 voire 195 cm.

La règle des tests
Tous les skis freeride polyvalents ont été essayés en hors-piste et sur piste par les huit testeurs. L'opération s'est déroulée le même jour aux Deux Alpes. Les notes les plus hautes et les plus basses ont été supprimées afin d'établir une moyenne la plus objective qui soit.

Avertissement :
Pour plus de compréhension, nous avons appelé cette famille “skis polyvalents piste/hors-piste” alors que l’industrie du ski la nomme souvent “ski freeride polyvalents” ou “skis freeride XX”.

* Modèles haut de gamme
Les meilleurs skis de piste du marché passés au crible

Le ski haut de gamme est certes cher mais avec un jouet pareil, on en a pour ses roupies. Stable à haute vitesse, accrocheur sur neige dure, vif, maniable cette Rolls des neiges répond à toutes les envies du skieur évoluant sur piste. Certains skis s’apparentent plutôt au “géant” alors que d'autres avouent un faible pour les rayons courts. Certains voient leurs évolutions strictement limitées à la piste pendant que d'autres proposent une ouverture sur le hors-piste. Chaque marque possède sa propre définition du ski haut de gamme. Il peut être dérivé d'un ski de géant comme le Fischer RC4 ou le Blizzard Sygma Kompressor, par exemple. Des skis courts à tendance carve occupent également le créneau comme les excellents Stöckli Spirit Pro, Rossignol Powerpulsion Viper STX, K2 Mach S, des skis joueurs, passés maîtres dans l'art de l'appui coupé. Enfin, on trouve des représentants d'une nouvelle tendance, les skicross conçus pour s'aligner au départ d'une épreuve de skicross. Virages relevés, grandes courbes, relance, virages à rayons moyens, accroche, leur panel d'exécution doit être large et n'est pas sans rappeler ce que l'on demande à un ski de piste traditionnel. L'Atomic SX 11 Supercross, le Dynastar Skiercross 9 sont les nouvelles recrues de ce nouveau type de ski.

La règle des tests
Une piste dure, un bon télésiège débrayable pour des rotations rapides et c'est parti pour les essais de skis haut de gamme performants. Chacun des huit testeurs a pu donner son avis sur les nouveautés 2002/2003. Pour chaque ski, une fiche remplie par testeur et un commentaire oral “à chaud”.

* Skis backcountry freestyle
Les derniers-nés, ils réinventent le freeride

Comment réaliser la quadrature du cercle et proposer un ski qui fasse la synthèse entre le freeride et le freestyle ? Un mariage entre la nécessaire rigidité de l'un et l'obligatoire souplesse de l'autre ? Plusieurs réponses ont été apportées par les marques. Le plus souvent, ce que l'on appelle un peu pompeusement un ski backcountry freestyle est simplement un ski freestyle légèrement élargi. La grande majorité des skis proposés dans ce test représente ce genre de modèles, plus à l'aise dans un snowpark que dans une grande combe poudrée. D'autres fabricants ont suivi le chemin inverse : ils ont choisi un ski de freeride, ajouté un talon relevé, assoupli le tout. Là encore, le ski a une coloration, mais cette fois plus freeride que free taxe ; il reste un compromis plus ou moins heureux. Enfin, d'autres skis, plus rares ceux-là, ont réussi le difficile exercice d'être efficaces partout. On trouve ces modèles certainement chez les marques qui travaillent en étroite collaboration avec les riders… pas de mystère.

La règle des tests
Un premier groupe teste les skis dans le top cool snowpark des 2 Alpes (big air, pipe, quater, modules divers), l'autre équipe évolue en hors-piste pour apprécier la stabilité des skis, leurs aptitudes en neige profonde, en l’air… Chaque testeur remplit une fiche d'évaluation par ski et fait un commentaire oral. Special thanks à “Fouch” pour l'accueil, la sono et le barbecue qu'on n'a pas eu le temps de faire…

Avertissement
Pour plus de compréhension, nous avons appelé cette famille “Tendance freestyle” alors qu’elle prend souvent l’appellation “backcountry freestyle” dans l’industrie.

Taille
Les fabricants proposent en général deux tailles différentes pour cette gamme de skis : la plus petite pour les skieurs intermédiaires et la plus grande pour les skieurs plus confirmés.

Ça veut dire quoi ?
Backcountry freestyle : LA tendance actuelle de pratique du freestyle, que ce soit en snowboard ou en ski. Il s’agit de s’envoyer en l’air, comme en freestyle, mais pas dans les snowparks, en hors-piste, sur des kickers (des bosses, si vous préférez) faits maison dans la poudreuse.
Switch ou fakie : glisse en marche arrière (pour effectuer certaines rotations).
Big air : “tremplin” avec aire de réception. Grosse bosse, en somme.
Tricks : “figures” ou sauts.
Twin tip : ski relevé aux deux extrémités (spatule et talon) pour favoriser le fakie (glisse en arrière).

* Skis très performants / géant
Les bêtes de course sortent les griffes en page

Plusieurs tendances au sein de la grande famille des skis de géant. D'un côté les skis “pur racing” comme le Nordica, le Rossignol, le Salomon, le Völkl, le Dynastar… et, de l'autre, des modèles amadoués qui demandent moins de jambes (Head, Kneissl, K2, Stöckli…), moins de technique et qui peuvent être skiés en libre sur piste. Pour autant, il ne faut pas se tromper sur cette deuxième catégorie, il ne s'agit pas de skis faciles, les adeptes de grandes courbes tranquilles gagnent à faire leur choix dans la catégorie haut de gamme piste. Pas de doute en revanche pour le compétiteur ou le moniteur de ski qui souhaite passer son test de capacité technique : le ski qu'il leur faut se trouve dans ces pages. Ces modèles - à des degrés - divers exigent de l'engagement et de solides capacités physico/techniques pour entrer en courbe, tenir l'appui et gérer une relance souvent explosive. La performance est alors au rendez-vous avec des chronos qui tombent. On s'en doute, ces géants lourds et techniques ne sont pas à mettre entre toutes les mains.

La règle des tests
Un groupe de testeurs évolue dans les piquets du stade de slalom. Chaque passage est chronométré par Rémy Bourguignon de l'ESF des 2 Alpes. Un autre groupe skie en libre sur piste pour affiner les commentaires des coureurs. Chaque ski est jugé d'après ses performances et sa capacité à aider le skieur dans sa recherche d'efficacité. Un grand merci à l'ESF des 2 Alpes qui a mis à disposition de Ski Français son stade de slalom et remerciements tout particuliers à Rémy, toujours motivé pour tracer un slalom et effectuer les chronos.

* Skis pas chers
Le matériel au top pour progresser

Ski milieu de gamme ne signifie pas mauvais ski, loin de là. De très bons produits sont désormais proposés par les marques qui apportent un soin particulier à cette gamme leur assurant la majeure partie des ventes. Cette année, l'équipe de testeurs a essayé des skis qui doivent faire progresser, dont la mission est la découverte de l'appui coupé. Un bon “ski pas cher” doit entrer facilement en courbe, trouver naturellement un appui sur la carre sans que le skieur ait besoin de posséder une équilibration parfaite. C'est aussi un ski qui sait changer le rayon des virages à la demande, qui dérape quand on le lui ordonne et reste accrocheur sans que l'on ait besoin de (trop) marquer l'appui. Léger, maniable, il se doit également de posséder une glisse irréprochable car, même à ce niveau de technicité, un ski qui ne glisse pas ne favorise pas les progrès. Certaines marques succombent à la tentation de mettre des semelles bas de gamme sur ce genre de skis, nous en sommes témoins. Cependant, la tendance est nettement à l'amélioration de ces produits avec de vrais bijoux faciles d'emploi sur lesquels on se sent instantanément bien. Ça aussi, nous avons pu le vérifier.

La règle des tests
Tous les skis milieu de gamme ont été testés à vitesse modérée sur pente douce. Ils ont été skiés sur le même type de neige, la même journée par les mêmes testeurs.

Avertissement
Pour une meilleure compréhension, nous avons renommé cette gamme “Skis pas chers”, elle correspond à la catégorie “milieu de gamme” de l’industrie du ski.

* Rubrique-à-brac
Des astuces pour mieux skier en poudreuse, des combines pour tâter du piquet, des conseils bouquins, musique, etc., “Rubrique-à-brac”, c’est tout ça à la fois !

Edito
Par Myriam Cornu

Peace & love, amour et paix,

“Monsieur le président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps.” * Les espoirs des petits jeunes au départ des slaloms, ceux des papas qui se bougent dans les clubs, les espoirs des entraîneurs qui se donnent à fond pour que leurs poulains s’épanouissent, ceux des sponsors qui attendent des résultats, les espoirs des champions qui veulent pouvoir continuer à briller, ceux des passionnés qui soutiennent corps et âmes le ski français, tous reposent sur vous. Tous ces gens qui espérent misent sur vous, Monsieur Béranger, qui venez d’être élu président de la Fédération française de ski et qui devriez le rester au moins jusqu’à début octobre.
Alors bienvenue Jean et… bonne chance, le boulot ne manque pas. Ce ne sera peut-être pas vous qui le ferez, d’ailleurs puisque la guerre des clans n’est malheureusement pas encore terminée. Mais peu importe que les scénaristes aient trouvé un rebondissement de plus au feuilleton, ce qui compte, c’est qu’un président, quel qu’il soit, prenne les rênes et s’efforce de ne pas décevoir la famille. Quoi qu’il en soit, pendant que la petite gue-guerre fédérale faisait rage, d’autres ont choisi de s’aimer, et c’est tant mieux. Notre miss Fafa Gaetti, journaliste de choc, a dit “oui !” fin juin à Vincent Cadène (d’où un nouveau nom de plume !). Une semaine plus tard, c’était au tour de notre secrétaire de rédaction, Emmanuelle Menduni, de convoler en justes noces avec Pascal, devant les yeux ennamourés de leur petit Matthieu. Pour moi, c’est pas gagné mais, par bonheur, un autre rédac chef a assuré le quota au début de l’été : Claude Borrani, big boss de Ski Session, partagera le meilleur avec Valérie Blanc (A.Snowboards). Pour clore ce chapitre “Feux de l’amour”, la rédaction présente ses plus chaleureuses félicitations à Sandrine et Stéphane Brosse, champion du monde de ski-alpinisme, qui seront mari et femme dans une poignée d’heures ! Comme l’amour finit toujours par triompher (“Sont tombés sur la tête chez Ski Français ou quoi ?!”), on espère bien que les histoires de la fédé finiront par rentrer dans l’ordre. En attendant, faites du ski, pas la guerre !

Myriam Cornu

* Citation du début : Boris Vian, Le Déserteur.

Ski Français n°362 est en vente en kiosque à partir du 25 septembre 2002 à 5 Euros.
Au delà, il peut-être commandé au service abonnement.