Ski Français
Numéro 361 - Avril-mai 2002


Salt Lake 2002
La ruée vers l’or
11 médailles en tout pour la France, record battu, ces Jeux d’hiver resteront marqués d’une grosse boule de neige blanche. Plus que le nombre de titres et de podiums, ce qui rend ces Jeux historiques, c’est la beauté des champions, leur sourire, le bonheur qu’ils nous ont procuré. Envoyée très, très spéciale de Ski Français à Salt Lake City, Myriam Cornu a connu la joie et l’allégresse des médailles de l’alpin, du nordique et du snowboard. Son carnet de bord illustre l’album-souvenir de ces Jeux inoubliables, en attendant les interviews des médaillés, qui reviendront sur cette saison mémorable après les vacances d’été (bien méritées !).

Frédéric Covili :
Le crystal qui vaut de l’or
Coup du sort, coup de pompe, coup de boost, Frédéric Covili sera passé par pas mal de phases depuis quelques années avant que le doux son du crystal ne résonne à ses oreilles. Mais ça y est, le globe est dans sa poche depuis le 10 mars dernier, à l’issue d’une saison de géant qui fut un vrai coup de génie.
Texte : Fabienne Gaetti.
Photos : Agence Zoom.

Slalom
Jean-Pierre Vidal, le petit prince du ski français
Il était une fois une petite mamie skieuse, qui n’avait pas froid aux yeux. Non contente d’avoir enfanté un premier skieur de légende (son fils Jean-Noël Augert), elle a fait germer une autre graine de champion : son petit-fils Jean-Pierre. « Devenir champion olympique, c’était (le) rêve de gosse » du slalomeur mauriennais. Merci qui ? Mamie Alphonsine !

Géant parallèle/Half-pipe
Or Blanc et Ruby, les joyaux du snow français
Le snowboard français se porte bien, merci. Avec l’or d’Isabelle Blanc et l’argent de Karine Ruby et de Doriane Vidal (le tout assorti d’une belle quatrième place de Nicolas Huet), les Bleues remportent trois médailles pour quatre épreuves seulement. On appelle ça l’efficacité.

Freestyle/bosses
Gay comme un champion
Doublement consacré cette année, le freestyleur Mégevan ramène le bronze des Jeux olympiques et, un bonheur n’arrivant jamais seul, le cristal de la coupe du monde. Tout vient à point qui sait attendre, Richard Gay, 31 ans, brise ainsi la malédiction des quatrièmes place auxquelles il était abonné.

Slalom
Laure en argent
Laure Péquegnot. Skieuse à la volonté d’acier, aux yeux bleu décidés. Dans la vie, face aux médias et à tous ces gens qui la fêtent, Laurette, au fond, semble plus timide, réservée, mal à l’aise presque. Mais elle ne le montre pas, Laure Péquegnot ne lâche rien. Elle est de celles qui gagnent, de la race des vainqueurs. Une médaille olympique ne lui suffisait pas, elle lui a assorti un globe, c’est « tellement plus fort”…

Biathlon/12,5 km poursuite/relais
Poirée, capitaine de l’équipe de France
Raphaël Poirée en avait un peu marre que le biathlon français - aux yeux des non-initiés - se soit lui et seulement lui. Il ne supportera plus la pression tout seul. Depuis quelques mois, des gens comme Vincent Desfrasne, Julien Robert, Sandrine Bailly, Florence Baverel, Delphine Burlet et Sylvie Becaert savent prendre exemple sur lui et sur Corine Niogret pour monter sur le podium. La Fédé française a mis en place une structure de qualité autour de Raphaël pour qu’il n’ait plus à s’entraîner en Norvège et cela a profité à tout le monde. Aujourd’hui, le résultat est là, sous forme d’un titre de vice-champion olympique pour Poirée et d’une formidable médaille de bronze pour les chics types du relais. « Nous avons fait du biathlon un sport collectif » se réjouit la dream team du nordique français.

Descente
Carole, un cœur en or
La première Française championne olympique de descente s’appelle Carole Montillet. Elle est allée chercher la vitesse « au fond de son cœur » et a balayé ses rivales avec un éclatant sourire. Ce titre suprême a donné une force nouvelle à la skieuse de Villard-de-Lans, celle de dire non. Non à la spirale terrible qui l’a happée fin décembre. Celle qui a le cœur sur la main a su se faire plaisir et penser à elle, rien qu’à elle. Enfin.

Slalom
Heureux qui comme Amiez…
… a fait un bon voyage. Tout avait pourtant assez mal commencé : des grèves à Paris, suivies de 28 heures passées sans sortir de l’avion, en classe éco (une demie-cuisse seulement tenant dans le siège), les bagages arrivés trois jours après, le périple du slalomeur de Pralognan n’a pas été de tout repos. Mais il en aurait fallu plus pour déstabiliser Bastoune !

Eux aussi ils nous ont fait rêver…
Merci à tous !
Mais que reste t-il aux non-médaillés de Salt-Lake city ? Ils rentrent chez eux sans le métal olympique autour du cou certes, mais ils ramènent pourtant des trésors : de merveilleux souvenirs, une expérience olympique, des performances honorablees et le plein d’espoir jusqu’aux prochains Jeux où ils seront peut-être récompensés de leurs efforts…

Pierra Menta et Championnat du monde
Au sommet du ski-alpinisme
Doucement mais sûrement, le ski-alpinisme fait son trou et se structure. Une vraie équipe de France est née, ses membres possèdent le statut d’athlètes de haut niveau. Fin janvier, les Hautes-Alpes ont reçu les premiers Championnats du monde de l’histoire de ce sport exigeant. Retour sur cet événement mais aussi sur la plus belle des compétitions (à en juger par le nombre de spectateurs), celle d’Arêches-Beaufort : la Pierra Menta.
Texte : Myriam Cornu.
Photos : Agence Zoom.

 

Edito
Par Myriam Cornu

Quelle saison !

Il y eut deux saisons 2001/2002. Celle de monsieur Duss (la nôtre pour ainsi dire), qui ne restera pas dans les annales, et celle - exceptionnelle - des champions.
La saison “bof” qu’on a connu en station n’a heureusement pas trop affecté le business (dans sa globalité en tous cas, parce que les disparités sont énormes en fonction des stations), mais les journées de très belle poudreuse et de grand soleil se sont comptées sur les doigts de deux moufles.
La saison de compétition (qui avait pourtant commencé dans la douleur…), elle, a été fantastique, historique, jusqu’au bout. Même après l’euphorie des Jeux, on a connu de fabuleux moments de ski, avec les podiums de Mélanie Suchet, de Claude Crétier (ça faisait quelque temps qu’on attendait un héritier de Luc Alphand, peut-être l’a-t-on trouvé !). Puis, il y eut ces pluies de cristal, avec des globes en alpin, en snowboard, en freestyle, en nordique peut-être (à l’heure d’imprimer, les biathlètes n’ont pas fini). Notre saison d’admirateurs a été formidable et nous avons été nombreux à nous consoler devant la télé de notre hiver sans éclat. J’ai entendu Michel Vion, responsable compétition d’une marque française, dire à la radio « Nous sommes tous des supporters ». C’est vrai, même ceux (surtout ceux !) qui travaillent (EN ITALIQUE) autour de la compétition sont des supporters, à la base. J’ai vu de la ferveur chez tous les Français présents à Salt Lake City, journalistes compris. Nous étions tous derrière les Bleus par la pensée et le cœur, le seul regret que j’ai à propos de ces Jeux, ce sont les commentaires aigris de certains athlètes du style « Tiens, vous vous intéressez à nous quand il y a les J.O. ? ». Même si je comprends cette réaction, même si on peut probablement nous reprocher à tous de ne pas parler assez de compétition, je suis convaincue que ce genre de réflexions désagréables n’aide pas le ski et n’encourage pas à parler plus des champions. Nous avons tous envie que la glisse (re ?)prenne une place de première importance. Nous aimons tous le sport, avant tout, comme vous.
Quelle saison enfin pour Ski Français, que vous avez été encore plus nombreux que d’habitude à lire (merci à vous tous !) et que l’on pourra lire l’année prochaine au Liban, au Maroc, en Grèce, en Italie et bien sûr en Belgique, Suisse et France. On est ravis à l’idée de partager bientôt notre passion avec plein de nouveaux lecteurs. Sur ce, bon été à tous, à bientôt et… vive le ski !

PS : Quelle saison aussi pour l’un des collaborateurs de l’Agence Zoom dont le bébé a eu la “bonne idée” de naître le jour du sacre de Vidal et Amiez. Toutes nos félicitations à Sophie et Michel, tous nos vœux de bonheur à Louan. J’en profite pour remercier chaleureusement tous les photographes et le personnel (notamment Amar !) de l’agence photo Zoom (Briançon) qui signe pratiquement toutes les images de ce magazine.

Ski Français n°361 est en vente en kiosque du 05 avril jusqu'au 08 juin 2002 à 5 Euros.
Ce numéro n'est plus disponible.