Attention, virus dangereux !

Vous savez que vous avez tort de lire Ski Français ? Prendre l’habitude d’aimer ce magazine vous expose à une maladie grave : la passion.
L’origine latine du mot passion, c’est pati, souffrir. La passion n’est pas que souffrance mais elle peut y mener, c’est une évidence. Quelques revues, éditées peut-être par des hommes un peu trop pressés, aimeraient faire porter un lourd chapeau aux magazines spécialisés et à certaines émissions, qu’ils accusent d’inciter les jeunes à se mettre sous les avalanches. Si nous publions parfois de belles photos de freeride, c’est pour faire saliver les acharnés et séduire de futurs passionnés, assurément. Est-ce pour autant de l’incitation à l’extrême ?
Nous ne cessons de répéter qu’il ne faut pas aller au-delà de ses capacités, qu’il ne faut pas tenter le diable et que les sauts de barres rocheuses et autres réjouissances du genre sont le territoire de chasse exclusif des vrais spécialistes. Alors, allons-y, enfonçons le clou : “Attention, mesdames et messieurs, ce numéro comporte un magnifique sujet sur l’Alaska ; après sa lecture, n’allez pas vous mettre en tête que vous êtes des freeriders extrêmes, merci.” Nous aurions pu hésiter à le publier, comme toutes les photos de poudreuse, en nous disant que la débauche hors-pistique pourrait vous contaminer. Nous n’avons pas hésité une seule seconde : nous vous offrons quelques pages de bonheur total, de poudreuse et d’espace et nous vous incitons à aller goûter la peuf, parce que c’est la plus belle façon de déguster le ski. Mais, s’il vous plaît, si vous n’avez pas le niveau pour sortir seuls des sentiers battus, offrez-vous les services d’un guide et, dans tous les cas, pensez à l’arva, à la pelle, à la sonde, à prendre la météo… Empressez-vous d’attraper le virus, mais couvrez-vous tout de même !

Myriam Cornu

Ski Français n°349 est en vente en kiosque jusqu'au vendredi 4 février 2000. Au delà, il peut-être commandé au service abonnement .

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