Interview
Alberto Tomba
“J’attends la nouvelle Bomba !”
Par Myriam Cornu
Photos Zoom

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A Monaco, début août, j’ai rencontré un garçon formidable. Un type qui parle de lui à la troisième personne quand il évoque ce qu’il a été sur les skis ! Un type gai, qui semble aimer la vie plus que tout, qui se balade en short et tee-shirt, avec les lacets de ses tennis détachés. Un type comme vous et moi, en somme. A une différence près : le palmarès !

SF : Que fais-tu de tes journées de jeune retraité, Alberto ?
Alberto Tomba : Vacances, vacances, vacances ! Non, non, je travaille. Pour Rossignol, Fila, Lexus… Et je suis allé en Amérique cette saison pour le Tomba Tour ; c'était bien. Nous avons fait quatre étapes dans des stations californiennes et dans le Colorado : les plus rapides de la semaine faisaient la finale avec Alberto le week-end. Il y a aussi mes parfums : Indecente, avec la maison Lancaster. J'ai aussi fait un film à Rome, Alex l’Ariete. Je n'ai pas pris de cours alors au début, c'était dur. Mais après deux semaines, c'était vraiment génial, je me suis éclaté. Mes partenaires m'ont bien aidé, tout le monde était très excité à l’idée de tourner ce feuilleton. Après les deux mois de tournage, ils ont trouvé ça tellement formidable qu'ils ont décidé de me refaire un contrat pour tourner la suite. Pour l'instant, c'est pour la télévision mais ce sera peut-être adapté au cinéma si ça marche vraiment bien. C'est une belle histoire, celle d'un groupe spécial de la gendarmerie. C'est à la fois un film d'action et une comédie.

SF : Tu tombes amoureux dans le film ?
A. T. : Un petit peu, trois ou quatre fois ! (rires). J'ai bien aimé faire ça, mais ce n'est qu'un début, j'ai besoin de temps pour m'entraîner. J'aime bien jouer la comédie, mais il est plus facile pour un sportif de faire son cinéma sur la neige. Apprendre un texte, le jouer, sans école avant… I need time (1).

SF : Et pour Rossignol, que fais-tu exactement ?
A. T. : J'ai un contrat de sponsoring. J'aimerais bien aider à faire des skis. Laurent Boix-Vives était très sympa. J’ai rencontré Claude Jantet, le nouveau p-dg, l'année dernière aux Etats-Unis. Je trouve que le ski a besoin d'aide en ce moment ; les fabricants, les magasins ne vont plus aussi bien qu'avant. Mais aujourd’hui, je suis très fatigué ; j'ai gagné toutes les courses pendant douze ans, j'ai besoin de me reposer. Dans deux ou trois ans, je crois que je serai prêt. Tu sais, je suis allé en Corée du Sud pour les Jeux olympiques et j'ai gagné pour Torino 2006.

SF : Quel rôle as-tu joué pour cette candidature ?
A. T. : J'étais présent, avec Stefania Belmondo. J'ai mis la petite cerise sur le gâteau. Après, j'ai vu Maria Walliser et Pirmin Zurbriggen, venus soutenir la candidature suisse. Ils étaient déçus, mais j'ai dit à Pirmin : “Eh ! tu m'as volé la coupe du monde en 1988, tu voulais quoi encore ?!”

SF : Tu penses que ton soutien a beaucoup pesé dans la balance ?
A. T. : Je pense que oui… tout le monde m'a remercié. Alberto a gagné les JO à Calgary, à Albertville et maintenant, je gagne un peu les JO de 2006. C'est différent mais j'ai quand même gagné à Turin un petit peu aussi !

SF : Tu vas participer à l’organisation de ces Jeux ?
A. T. : Je ne sais pas encore ce que je ferai. On va me le dire dans quelques mois mais je veux que ce soient les plus beaux Jeux d'hiver jamais vus. On va beaucoup travailler sur la neige, nous allons montrer les plus belles pistes. C'est un événement fantastique pour tout le pays.

SF : D'autres projets en vue ?
A. T. : Beaucoup, beaucoup de choses, mais je veux d'abord me reposer parce que je suis très fatigué. J'ai besoin de temps pour moi et je veux faire “the best thing or nothing”, choisir peu d'activités mais les faire bien. Pour l’instant, j’en ai un peu marre de la neige.

SF : Bon, parlons sport… Je vois que tu as retrouvé un corps très affûté de champion. Le sport tient toujours une place importante dans ta vie ?
A. T. : Oui, j'en fais quasiment tous les jours. Ce n'est pas facile quand tu arrêtes mais j'ai envie de montrer un beau corps, des muscles. Je n'aime pas les athlètes qui se négligent quand ils ne font plus de compétition et qui deviennent gras. Par contre, j'ai changé ma façon de m'entraîner. J'ai arrêté tout ce qui m'ennuyait. J'aime la natation, la course à pied, le fitness et le vélo. Je délaisse un peu le golf depuis quelque temps.

SF : Tu n'es pas tenté par les sports un peu plus fun : l'escalade, le parapente ?
A. T. : Pas tellement, non merci ! (rires). Pour ma mère, pour la famille, ce n'est pas bon ça ! Je n'ai pas fait de descente avant, alors…

SF : Parlons ski justement : c'était un rêve pour toi de rentrer dans la légende ? Est-ce que ta réussite a été construite dans ce but ?

A. T. : Non, ça s'est fait par hasard. Quand j'étais jeune, tout le monde regardait les idoles comme Ingemar Stenmarck et Gustavo Thoeni. Moi, je rêvais. J'ai été la surprise. Pour ma famille aussi, ça a été la surprise. Pour tous les gens, c’était : “Il est né à la ville, il a choisi un sport d'hiver, de montagne”. Personne n'y croyait, tout le monde pensait : “Il n'y arrivera pas, il ne gagnera jamais”. C'était un rêve, oui, que je ne croyais pas pouvoir réaliser…

(...)Ski Français est en vente en kiosque jusqu'au vendredi 5 novembre 1999. Au delà, il peut-être commandé au service abonnement .

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