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A comme Alpiliste Ces définitions sont tirées du Petit Larousse Holographique du 22e siècle. ALPILISTE : 1 SENS ETYMOLOGIQUE : Le terme " alpiliste " apparaissait assez souvent dans certains ouvrages de la fin du 20e siècle. Cependant, aucun chercheur n'a jamais pu retrouver le sens premier de ce terme. La supposition suivante a donc été admise par l'Académie Européenne : si à " Alpiniste " on associe la définition " personne qui pratique des activités liées à l'ascension des Alpes ", on peut en déduire qu'un " Alpiliste " en fait de même, mais dans les Alpilles. (Alpilles : chaînon calcaire situé au nord de la Crau dans le sud de la France) 2 SENS PEJORATIF : Ce mot a pris du coup une connotation péjorative, principalement dans les Alpes. Exemple : Maurice n'est qu'un alpiliste. Sous-entendu, c'est un piètre alpiniste ! 3 SENS HISTORIQUE : Au début du 21e siècle, " L'AlpiListe " représentait un groupe de personnes qui avaient décidé de mettre en commun leurs réflexions sur la culture alpine et la montagne. Ces extrémistes furent les derniers à pratiquer des activités telles que le pastoralisme, la sculpture, la marche en montagne voire même le ski de randonnée ou l'escalade sur rocher non virtuel. " L'Alpiliste " fut considérée comme secte dangereuse à partir de 2032, date du Décret Européen d'Interdiction Totale de la Montagne. Le Conseil Ecologique Suprême ordonna alors aux membres de la secte de rendre leur matériel (piolets, ski, ustensiles divers...) et de se soumettre à des stages de rééducation civique. La plupart d'entre eux bravèrent cette interdiction et furent traqués sur les plus hauts sommets par des troupes d'élite. Seul leur gourou, nommé Pascal Kober, ne fut jamais retrouvé. Certains affirment qu'il vit encore en ermite dans une grotte glacée de la Zone Interdite Sud-Est. L'intégralité de leurs archives est consultable au Musée de l'Ecologie (à l'étage 5 traitant des Destructeurs et Criminels) ainsi que sur le site www.glenat.com. Mais A ça aurait pu être Aventure... B comme bouquetin Bouquetin : chèvre sauvage des montagnes à longues cornes marquées d'anneaux saillants. Mot de racine provençal : boc estaign. Entre nous, n'allez jamais dire en face à un bouquetin qu'il est une chèvre des montagnes. Les bouquetins sont très susceptibles. Le bouquetin... Qui de vous ne l'a jamais envié, lui, le vrai maître de l'alpe ? Souvenez-vous : Cela faisait des heures que vous montiez dans cette combe isolée. Le froid de cette fin d'après-midi vous mordait les joues et la fatigue d'une semaine de raid commençait à se faire cruellement ressentir. A vos pieds, vos skis de rando semblaient peser le poids d'enclumes. A chaque conversion, à chaque rafale de bise, vous maudissiez cette montagne qui vous faisait chèrement payer sa conquête. Mais, peu à peu, le sommet se rapprochait et vous saviez que là-haut, à la frontière du ciel et de la terre, à la frontière du monde des hommes, votre calvaire serait vite oublié. Sur votre gauche, un couple de bouquetins broutait une touffe d'herbe sèche et jaunie par le gel. Pour eux, le vent est un allié : entassant les flocons au fond des combes, il découvre quelques brins d'herbe sur les crêtes... seule et maigre nourriture en ces jours d'hiver. Regardez comme ils se jouent de cette neige poudreuse qui vous demande tellement d'efforts pour progresser. Regardez comme leur pas est sûr, même dans ces passages scabreux où vous auriez utilisé vos nouveaux " crampons-freeride-18 dents-extralight ". Parfois, ils jettent un coup d'¦il dans votre direction. Instants magiques d'observation mutuelle. Que pensent-ils ? Que savent-ils de nous, de notre souffrance, de notre bonheur infini d'être là avec eux ? Savent-ils comme nous les envions de vivre simplement en communion avec la montagne ? Devinent-ils le stress de notre vie, la pollution ? Soupçonnent-ils nos troupeaux de leur transmettre ces maladies si douloureuses ? Savent-ils qu'un jour ou l'autre nous pousserons leur race à l'extinction ? Que savent-ils de tout cela ? Que savons-nous d'eux ? Puis ce fut enfin le sommet (de cela nous reparlerons). Il vous faudra redescendre sous les derniers rayons du soleil. Eux resteront là. A vous le retour à la civilisation, à eux le grand silence du couchant. A vous les lumières artificielles des lampadaires, à eux la douce et pure lumière des étoiles. A vous le regret et les souvenirs, à eux le froid glacial des nuits de solitude... Mais B ça aurait pu être bière... C comme crétin des Alpes Tout d'abord, je voulais faire une mise au point
importante : il ne faut pas confondre pas " le Crétin
des Alpes " et " les crétins de l'Alpe ". Ces
derniers, au même titre que le dahu, sont des
êtres purement fictifs (il n'y a pas de crétins
chez Glénat !). " Crétin des alpes ". La
première fois que l'on m'a traité de
crétin des alpes, je me trouvais dans le petit train
du Montenvers. De retour de la Pointe Lachenal, j'avais pu
prendre le dernier train, bondé, pour Chamonix. Comme
à l'accoutumée en pareille circonstance, je me
retrouvais debout dans l'allée centrale, au niveau
d'un groupe de touristes. Alors que j'attendais patiemment
que le train s'ébranle, le regard perdu vers les
Drus, un drame était en train de se jouer à
côté de moi : une goutte d'eau descendait le
long de l'une de mes broches à glace,
accrochées à mon baudrier. Si j'avais
été plus attentif, j'aurais pu éviter
ce drame mais ça n'a pas été le cas. La
goutte arriva au bout de la broche, se détacha et
tomba sur... le pantalon d'une dame. Une chute du haut des
Drus m'aurait fait le même effet : je fus
ramené sur terre par un cri strident suivi de ces
mots " CRETIN DES ALPES... un pantalon à 1700 F !"
Depuis ce jour, je ne cesse de me poser cette question :
pourquoi nous prend-t-on pour des crétins, dans les
Alpes ? C ça aurait pu être Cervin. D comme dahu Je n'ai cerné la profession de mon grand-père paternel que longtemps après sa mort. Pour moi, il était un personnage mystérieux. Assez grand, de physionomie longiligne, l'¦il espiègle, il semblait tout droit sorti d'un roman de Conan Doyle. Il était souvent absent et ma famille restait très évasive sur les raisons de ses déplacements. Pour le petit enfant que j'étais à l'époque, la seule chose qui importait vraiment était que " Papy " me ramenait régulièrement de fabuleux trésors de ses périples : une cuillère en bois, un bol en corne de yack, une sarbacane améridienne... Peu m'importait, dans ces conditions, le tabou qui flottait autour de ses activités. C'est cinq ans après sa mort, lors du déménagement de ma grand-mère que je fis une découverte étonnante au sujet de mon grand-père. Dans un recoin oublié de la cave, je découvrais une vieille malle en osier recouverte de poussière. Elle contenait des relevés topographiques, des dessins, des notes, de nombreuses lettres de correspondance et quelques ossements étranges. C'est ce jour là que je découvris que mon grand-père était un chasseur..., un chasseur de dahu. Pas de fusil ni de chien pour cet étrange chasseur mais une plume et des jumelles. Il avait consacré les 30 dernières années de sa vie à l'étude de l'un des plus fascinants mythes alpins : le dahu. Peu étonnant dans ces conditions, que ma famille ait tout fait pour cacher cette activité. Pourtant, à la lecture de tous les documents que contenait la malle, j'ai été forcé de remettre en cause ma non-croyance à ce " mythe ". Mon grand-père avait répertorié les différentes races de dahu et leurs zones de prédilection respectives. Il avait observé des dahus sur tous les continents : - en Amérique du Sud où leur forme avait évolué vers celle des lamas (allongement du cou et mauvais caractère) - en Amérique du Nord où il existe une espèce naine de la taille d'une marmotte. - en Himalaya où vit l'une des races les plus étonnantes : couverte de longs poils pour résister au froid, elle est capable de se déplacer périodiquement sur ses pattes arrières afin d'atteindre les branches les plus hautes (taille moyenne sur les pattes arrières : 2 mètres). - mais également dans les déserts africains, en Europe et même en Antarctique. Chacun des descriptifs des races était accompagné de dessins faits à main levée, à l'encre. Tout était soigneusement classé : périodes de reproduction, particularités, alimentation, aptitudes particulières, lieu et horaires des observations. Mon grand-père avait également effectué des recherches archéologiques et historiques sur les dahus. Il avait retrouvé leur trace dans de nombreuses mythologies. Les Tibétains considéraient les dahus comme des êtres maléfiques et les tenaient responsables de la disparition de nombreux enfants. Une fresque maya nous raconte que le Dieu Soleil, après son cycle journalier dans le ciel, basculait de l'autre côté de la terre dans le Royaume des Ombres. De là, seul un dahu pouvait lui faire traverser les Montagnes de la Nuit afin de renaître, le lendemain matin, à l'autre bout de la terre. A l'aube, le Dieu Soleil pouvait à nouveau répandre ses doux rayons sur le monde des Mayas mais le dahu, handicapé par sa dissymétrie ne pouvait faire demi-tour : il restait prisonnier à jamais du Royaume des Ombres. Le sacrifice journalier du dahu pour le Dieu Soleil était l'un des préceptes de base de l'éducation des jeunes Mayas. On trouve également des représentations de dahus sur certaines gravures de la vallée des Merveilles (Mercantour). En fait, il est très probable que vous ayez déjà observé un dahu sous sa forme la plus courante dans l'arc alpin : le dahutus alpinus. Le dahu de nos montagnes a un patrimoine génétique comparable à celui du chamois, son proche cousin. Cela lui permet entre autre de se reproduire avec eux. Ainsi, au fil des années, à force de mélange des sangs entre les deux races, la différence de longueur entre les pattes s'est estompée, chez le dahu, au point de devenir pratiquement indécelable. Ces dahus " génétiquement modifiés " (l'expression est à la mode) s'intègre très bien dans la structure sociale des chamois et il est donc fréquent d'observer des dahus parmi les chamois. Deux particularités les différencient toujours : la dissymétrie entre leurs 2 cornes (la taille d'une corne étant inversement proportionnelle à celle des pattes opposées) et leur caractère ludique. Si vous voyez un chamois sauter dans tous les sens sans raisons apparentes, il y a de forte chance que ce soit un dahu. Alors, lors de votre prochaine rando, soyez plus attentifs à ces petits détails... mais ne dites à personne que vous avez vu un dahu ! D ça aurait pu être Dieu. Roland Granottier Ces courriers vous ont intéressé ? (20 messages, 11 auteurs, du 21 octobre au 17 décembre 1999) Toponymie (18 messages, 8 auteurs, du 19 au 22 février 2000) La question autrichienne (16 messages, 9 auteurs, du 17 novembre 1999 au 19 février 2000) Et encore... (10 messages, 7 auteurs, du 7 octobre 1999 au 12 janvier 2000)
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